J’allais encore Oublier les Oublies…Pour la Photo.

Quoi, tu sais pas ce que c’est qu’une Oublie?

Bon, d’accord, c’est pas le nom exact, Au XIIIème  (Not in Paris, but the century) on disait « Oublies renforcées » (pour pas casser?).

Elles étaient vendues par des marchands ambulants (ben c’est ça, pour pas casser) qui s’installaient entre autres sur les parvis des églises. (Faut se souvenir que les églises, y avait du monde, on y mangeait sans doute autant qu’on y priait, ça devait être un sacré foutoir).

Au XVIème (pareil), c’est François qui était fan.

Tu as un doute?

Va voir chez Nawal, elle t’explique. Et je confirme avec les extraits ci-dessus, très flous, du plus gros livre de cuisine que j’ai à la maison, celui de S.G.Sender et Marcel Derrien sur « La grande histoire de la pâtisserie-confiserie française ».

Oui, je sais, y a deux bouquins, mais c’est une blague pour ma copine :-) (euh, et puis sur la bibli derrière, no comment).

Les gaufres, j’en fait souvent. C’est le goûter rapide, le plaisir du chocolat saupoudré dans les petits carrés, le sucre qui croustille sous la dent en même temps que le moelleux tiède t’envahit le palais.

Et depuis quelques mois, je fais la même recette, celle d’Heidrun, notre amie allemande repartie en Allemagne, non sans nous avoir fait cadeau d’un gaufrier. Celui qu’elle utilisait quand les enfants allaient chez elle jouer avec les siens…ils fabriquaient des gaufres vertes ou roses, j’espère vraiment qu’elle peut continuer à utiliser son esprit créatif no limit, à Hambourg…(Des parfums roses et des parfums verts qui sentent la cannelle?)

La recette est écrite de sa main, je te la mets telle que. Juste, cette fois j’ai modifié, je n’ai pas utilisé de Cannelle mais de la fève Tonka (celle de Natacha). Une demie, quasiment.

Le livre, c’est Michael Connolly, « Le verdict du plomb ». Faut lire du léger quand on attend la cuisson de la gaufre. Et puis j’aime bien Harry Bosch. Sauf que là, c’est pas avec Hieronymus, c’est avec Heller. L’avocat. Celui de « La défense Lincoln ».  J’aurais pu, pour rire, compter les polars qui sont dans la bibliothèque quand je l’ai rangée le week-end dernier, mais vraiment non, c’est indécent. Puis, je préfère faire croire que je lis des trucs intello. Parfois.

Ah oui.

Pour le concours, je choisis une autre photo.

J’ai pas pu m’empêcher. C’était trop tentant. Tous ces petits coeurs. Et la gaufre.

C’est bon, quand même. mmmmmm.

 

Bal de Champignons !

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Un peu de Musique?

Quand les Misses Nawal et Dumè ont annoncé le thème de ce mois ci, j’ai du faire un genre de grimace qui dit « beurrh ».

Pas que je ne les aime pas, mais plutôt que je ne les connais pas mais alors, pas du tout!

Les champignons et moi c’est la trouille et finalement,c’est dans  les rayons des supermarchés que je les trouve.

En dehors de ça, si quelqu’un d’autre les cuisine, pas de soucis, je mange.

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Et voilà ti pas, que je me prends au jeu:

Je cours en forêt: je repère les moindres taches au sol,

je fais du vélo: je m’arrête pour soulever une branche,

je vais passer la journée en famille: j’embauche tout le monde pour trouver des Champignons!

En fait, sous la pluie et dans les sous-bois, je me retrouvais à genoux, à zoomer sur un truc blanc ou marron, des trucs mouillés et brillants, des noirs, des ronds, des difformes, des cassés…des groupes, des isolés, des « beaux » des « moches », des bizarre et des drôles.

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La société du champignon.

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Tiens, regarde toi, qui surgit du tronc d’arbre, frêle, fragile, presque transparent, on te verrait mieux à nager dans l’eau de la mer, tu ressembles à une méduse. je te nomme « champignon des abysses ».

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Et toi, qui soulève une montagne de feuilles d’automne, qui pleine d’eau doit peser une tonne!  Un coup de vent ne te fait pas frémir, seule la patte du chien te casse le pied et tu te retrouve au sol, désarmé.

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Toi, t’es un futé! tu pousses à plusieurs, à partir d’un seul pied! l’avantage, tu tiens bien debout, l’inconvénient? vous tombez tous en même temps!

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Et vous, les petits blancs, en forme de coupe, j’imagine bien les petits lutins venir s’y abreuver la nuit…ou les korrigans, s’abriter sous ton parapluie.

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Toi, j’t’aime bien. T’étais juste à la hauteur de mes yeux, pas eu besoin de me pencher. T’es fiable, enfin, t’en as tout l’air avec ton beau chapeau dodu, ton allure droite, ton apparente bonhommie. Tu étais en haut d’un talus, c’est toi qui a fini de me tremper de la tête aux pieds, quand je me suis appuyée en entier sur les feuilles et l’humus qui te faisaient comme un rempart. Je ne regrette pas.

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Et puis, vous, les cousins de la créature abyssale là haut…cette fois, vous êtes nombreux, plus forts, et c’est étrange, mais je crois voir en vous regardant bien, comme une lumière, sous votre chapeau de perlimpinpin. Une famille de lanternes, en novembre, voilà donc le secret de ces forêts oubliées, où pas grand monde ne passe, surtout à la Miz Du.

Tout cela pour dire que je ne vous connais pas mieux, mais que je vous vois mieux. Et qu’à mieux vous voir, un jour je vous reconnaitrai…et nous pourrons nous dire que ces grâce à ces dames Dumè et Nawal que nous aurons faits nos premiers pas.

Vive la photo et ces jeux délicieux!

Voilà mesdames, je vous donne la photo que je préfère, celle qui ne ressemble pas forcément à un champignon, mais celui là, je l’ai mangé, c’est le seul que je connais, la Coulemelle…j’aime le dessin de ses lamelles, qui font comme les plis d’une robe, j’aime y passer mon doigt j’ai l’impression de tourner les pages d’un livre précieux tant elles sont fines…

Champignons novembre

A vous autres, déçus peut-être de ne point voir de recette, je vous demande pardon. Au moins, j’espère vous avoir donné envie si ce n’est de manger, de participer…c’est le moins que je puisse faire.

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Votre Eté en Mosaïques!


Voilà.
Vous avez trouvé le temps de trier vos photos, d’en faire une carte postale de l’été 2009, vous avez bien fait!
Ce qui m’a fait plaisir aussi, c’est que les mondes se sont mélangés pour l’occasion.
Une non blogeuse a participé, et, à la sphère « culinaire » à laquelle ce blog appartient, s’est ajouté une participation « littéraire »….le monde des mots et le monde des mets, le monde de la « real life » et de la « blog life« , se sont rejoints pour des plaisirs communs (dans le sens « ensemble »), celui de la photo, des souvenirs et du partage.

Ma « non blogeuse » très attachante, Lola, m’a envoyé sa participation estivale en PDF et je suis trop nouille pour réussir à en modifier le format, donc, Lola…je vais y travailler encore ;-/
Et hop! merci Lolà!

Les autres, j’ai préféré faire un album…il suffit de cliquer pour avoir un diaporama.
Dans l’ordre, je vous présente les participations de Marjolaine, Maya, Babeth, Virginie, Muriel, Marie, Roréa, Mlle Nanou, Marie France, et enfin Dumè la voyageuse…

Mosaïques estivales

Quand je disais que le côté Mots s’est associé au côté Mets, c’est parce que sur mon autre blog, que certains d’entre vous lisent aussi, j’ai proposé de répondre au tag « bleu » à qui voudrait…et j’ai eu des participations aussi de blogeurs culinaires dans cet autre monde.
Autant dire que le bleu m’a mise sur un petit nuage!
Alors hop, un deuxième petit diaporama, avec les participations (après la mienne) de Lola, Charles, Roréa, Virginie, Maya…et Marjolaine ici aussi ;-)

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Alors?
Ne démarre t-il pas bien cet automne?
Merci à tout le monde!

« Racontez moi vos vacances » en photo! (date de fin: 21 septembre)

Hier soir, ce matin je ne sais plus, il faisait nuit, j’étais perdue dans mes pensées et mes photos à trier…
En deux mois, j’ai enclenché presque 5000 fois, d’après le compteur de mon APN.
Parfois, je suis raisonnable et je supprime avant même de mettre sur la machina des photos qui n’en valent pas la peine.
Mais, il faut reconnaître aussi, que sur celles que je garde, peu méritent d’être gravées, voire imprimées.
C’est pourquoi, cette nuit, je voyageais dans le temps, chaque image me rappelant des souvenirs, des moments de joie pour la plupart.
Me reviens en mémoire le magnifique billet de Dumè…
Alors, adorant les mosaïques, ces tableaux qui résument en quelques photos ces instants parfaits, ou qui permettent de garder l’essentiel, j’ai conçu celle de mon été 2009, 20 photos je crois de deux mois de vacances…
Et si vous voulez vous y mettre, comme Marjolaine l’a fait (FB, bel outil de partage!), un petit mail (senourrirdelateteauxpieds[at]gmail.com) pour que je fasse un « album été 2009″ de vous tous, bloggeurs ou non bloggeurs…avec une date limite, le 15 septembre, histoire de commencer la rentrée en douceur…
Ah, oui, je vous la met, quand même…(si vous cliquez dessus, elle doit pouvoir se faire grande…)
Un petit rappel, à moi aussi, il ne reste que 3 jours pour le concours photo « pasta » de Nawal et Dumè(ne faites pas semblant de ne pas savoir! ;-) )
Je sens que nous allons nous revoir très vite!

Le FarZ de Pat, et le Tour du Monde en 80 jours! (enfin)

Il se trouve qu’on est voisins.
Enfin presque.
Un point de Bretagne, un Aber, nous voit passer, lui depuis pfff allez à la louche, 50 ans, et moi, à la petite cuillère, quelques jours par an, pour les grands parents de mes enfants.
Ouais.
Ça c’est en vrai.
En faux, sur le net, ça nous arrive de se parler, de se chicaner, de se bidonner, souvent.
En vrai, je suis toujours pantoise devant son érudition, et sa pédagogie. C’est la faute de son blog aussi.
Et du coup, le jour où un de ses potes m’appelle: « Bonjour, je suis un ami de Patrick, on voudrait venir… », tu penses bien que j’ai eu peur. Peur comme un défi. Une réputation se fait c’est facile, mais il faut qu’elle tienne, et c’est plus dur!
Il y a des jours avec, des jours sans et les jours où il ne faut pas que ça rate.
Bref.

Il m’a dit, le Pat’ (à moitié vexée j’étais) :’t’as qu’à faire la recette de mon Farz comme ça t’es sûre de ne pas le rater »
S’il y a bien un truc que je ne rate jamais c’est le Far me disais-je.
Vexée j’te dis.
Mais bon, bonne pâte aussi.
J’ai suivi la recette du FarZ de sa grand mère.
Je me suis usé le bras. J’ai du faire des pauses. J’ai hurlé devant la quantité de beurre.
J’ai applaudi en voyant « les vagues, la marée montante » se faire dans le four.
Et j’ai servi.
La leçon: moins de beurre pour moi quand même.

Et puis je l’ai refait. Oui, le Far en ce moment c’est une fois tous les deux jours en gros, pour te dire à quel point je connais la bête.

J’ai adapté, j’me suis permis.
D’abord, je garde définitivement la technique de la cuillère: ça a beau faire mal au bras, c’est indéniablement ce qui fait la réussite de ce FarZ là.

Ensuite, je pose les proportions suivantes:
250 g de farine/ 6 oeufs/ 130 g de sucre/ 3/4 de litre de lait/ 75 g (grosso modo) de beurre demi sel/ une bonne cuillère en bois.

La technique c’est de poser la cuillère à l’envers, le dos de la cuillère soulève la pâte quand on mélange. Ça fait entrer de l’air, ça soulève, ça décolle des bords du bol quand tu tournes.
Dans un cul de poule tu verses ta farine, tu creuse un puits dans lequel tu casses tes 6 oeufs.
Et tu touilles avec des mouvements amples ta cuillère, jusqu’à ce que la pâte soit lisse et sans grumeaux.

Je te l’ai dit, ça fait mal au bras. Alors parfois tu fais une pause. Tu prépares tes pruneaux.
Tu pèses ton beurre.
Ensuite tu ajoutes le sucre, le mien est roux comme d’habitude.
Et tu re mélanges.
Et puis le lait.
Avant, je mettais un litre et je faisais chauffer.
Là, 3/4 de litre froid, enfin, tempé ambiante, et entier.
D’aucun dira que c’est encore trop.
Je répondrais: chaque chose en son temps.
Là où je respecte aussi, c’est la pause.
Comme une bonne pâte à crêpe, faut laisser reposer.
J’en profite pour chauffer le four (210°) avec les plats dedans (oui, deux un grand un petit, un familial et un pour les Zôtes) et le beurre dans les plats.
Tu attends le temps d’un verre de vin, tranquille. (oui, et alors? je bois du vin, le soir, après le repas, quand tous les enfants sont au lit, c’est mon plaisir à moi, en regardant un bout de film, ou en lisant un livre)
Et puis tu verses ta préparation dans les plats, le beurre monte en surface, tu répartis, comme il dit le Pat’.
Enfourne.
Bon, ensuite, tout dépend des fours pourra-t-on dire.
Moi, je laisse à 210, 30mn.
Ça me va.
Au bout de 10 mn j’ai vu les bords monter très haut (quand j’ai fait la recette exacte c’était impressionnant) et le dessus se boursoufler. Avec mes proportions ça le fait moins, je reconnais. Mais quand même. J’aime.
Demain, je refais, avec les proportions de Patrick et 50 g de beurre.
Là, il va dire que je n’ai plus rien à voir avec la Bretagne.
Mdr.

Et voilà qui pourrait être l’illustration parfaite de la nouvelle Escale de Murielle et Stanislas…le TOUR DU MONDE EN 80 JOURS...prendre le FarZ pour symboliser le bout du monde, la pointe de Patrick ou son Aber préféré…en tout cas, c’est une recette récurrente de Breizh Kiss, on se demande encore pourquoi?
Je ne joue pas, je suis partie prenante ;-) puisque après les votes, le vainqueur aura le privilège de passer une nuit ici
Allez y, lancez vous, il faut juste publier une recette sur Newgle.fr, le blog communautaire nouvelle génération ;-)

Menthe, Menthe, Menthe MENTHE! VIIIIIIITE!


Se prendre une place sur le podium, c’est une responsabilité figurez vous.

Faut pas être en retard… ben c’est raté (enfin, reste 7 jours).
Faut dire merci…ben c’est raté aussi (très discrètement).
Enfin, pas rapide la fille.
Et pourtant, très contente. Très ravie. Très fière aussi.
Du coup, sachez mesdames, messieurs, que je ferai partie du jury ultra sélectif du prochain challenge; à savoir The Menthe.
Non, pas Thé à la menthe, mais The Menthe, la seule, l’unique.
Là, je suis sensée vous mettre la bannière concoctée par nos zamies Nawal et Dumè , sauf que je ne suis pas sur mon ordi habituel, j’en ai un là, faut taper comme une brute dessus, un clavier d’homme quoi, même si nous sommes d’accord pour dire que nos Hommes ne sont pas des brutes… mais bon, faut insister quand même et en plus le copié collé reste un mystère avec ce clavier à la Pomme.
Donc ALLEZ LIRE là et ici de quoi ça cause ce mois ci (oui, nous sommes le 23, je vous dit, pas pressée la fille). Elles ont même, oui, même, créé un groupe FB! qui ne s’inscrit pas est…non, rien. Et puis, je dirais aussi que Izzo j’adore ce qu’il écrivait. J’avais lu sa trilogie marseillaise et je ne m’étonne pas de ce texte mentholé et parfumé qu’il nous livre.

Ah mais si, j’ai fait une photo quand même, je me suis même déplacée de mon fauteuil ou je m’étais posée, genre plante verte, à un apéro chez des amis pour aller leur piquer une feuille au soleil couchant, parce que leur menthe à eux est volubile, verte et très belle.

La menthe, c’est comme ça, piquant et parfumé, envoûtant sans aucun doute.
Du coup, j’ai même trouvé une recette toute douce, parfumée, colorée, facile, et exotique, vu que l’été est là et bien là.
Tajine de patates douces, de carottes et de pruneaux (et à la menthe aussi)
du livre coloré et documenté de Ghilie Basan « Cuisine marocaine, traditions ancestrales et cuisine d’aujourd’hui ».

Pour 4 à 6 personnes, il te faut:

1 kg de patates douces (ou d’ignames, mais je n’en ai pas ici) épluchées et coupées en morceaux/ 2 ou 3 crottes coupées en morceaux/ 150 g de pruneaux dénoyautés/ 3 càs d’huile d’Olive et un peu de beurre/ 25 à 30 petits oignons épluchés (j’ai mis 15 oignons blancs et des échalotes)/ 1 càc de cannelle en poudre/ 1/2 càc de gingembre en poudre/ 2 càc de miel liquide/ 450 ml de bouillon de légumes/ qq feuilles de coriandre fraîche hachées/ qq feuilles de menthe finement hachées aussi./ sel et poivre du moulin
Préchauffes ton four à 200°C.
Dans un wok (si tu peux transvaser ensuite dans un plat à tajine) ou dans une cocotte allant au four, tu fais mets l’huile et le beurre puis tu fais fondre les oignons. Tu en retires la moitié que tu mets de côté.
Ajoutes les patates douces et les carottes et fais dorer.
En remuant tu ajoutes les pruneaux, la cannelle, le gingembre et le miel, puis tu verses le bouillon.
Là, tu transvases dans ta tajine puis au four ou bien tu mets ta cocotte couverte au four, et tu cuis 45 mn environ.
Enfin, tu ajoutes le reste des oignons et tu ré enfournes 10 mn.
Tu saupoudres des herbes aromatiques et tu sers aussitôt.
A vrai dire, les miens, ignares, n’ont pas vu tout de suite les patates douces…ont cru que c’était des carottes…
La prochaine fois je fais venir des ignames de La Réunion, et mes ignares le seront moins.
ALLEZ, ZOU A VOS APN!

La Madeleine en Photo pour le concours de Dumè et Nawal…

(ça, c’est la photo qui concourt, d’ac?)

Il m’est définitivement acquis que les Madeleines à bosses, c’est pas pour moi. J’ai tiré un trait, fait une croix dessus, laissé tomber, fait mon deuil.
C’est pourquoi, la photo que j’en ai faite, est de son ventre.
Et c’est bien connu que la madeleine à bosse elle retombe toujours en arrière, dans un grand splasch, en éclaboussant ses voisines, et en exposant à nos regards émerveillés ce ventre blanc et strié, sur lequel s’accrochent mille coquillages.
Et puis, il y ales écrivains de talent, ceux dont on se demande à la fin de la phrase à combien de pages en arrière celle ci commençait.
Des phrases longues comme des baleines, mais savoureuses com
me les madeleines.
Qui ne connaît pas Proust et la sienne, de madeleine?
Tiens, je copie colle le texte que Nawal et Dumè ont eu la gentillesse de nous remettre en mémoire pour ce jeu à la bonne idée de mélanger photo et écriture, un mélange de bon goût en somme.

(Tous les détails du jeu en cliquent sur la bannière à droite…)



Marcel Proust, 1913. Du côté de chez Swann, dans A la recherche du temps perdu, Pléiade, t.I.
La Madeleine.

II y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D’où venait-elle ? Que signifiait-elle ? Où l’appréhender ? Je bois une seconde gorgée où je ne trouve rien de plus que dans la première, une troisième qui m’apporte un peu moins que la seconde. II est temps que je m’arrête, la vertu du breuvage semble diminuer. Il est clair que la vérité que je cherche n’est pas en lui, mais en moi.
[…]
Je pose la tasse et me tourne vers mon esprit. C’est à lui de trouver la vérité. Mais comment ? Grave incertitude, toutes les fois que l’esprit se sent dépassé par lui-même; quand lui, le chercheur, est tout ensemble le pays obscur où il doit chercher et où tout son bagage ne lui sera de rien. Chercher ? pas seulement : créer. II est en face de quelque chose qui n’est pas encore et que seul il peut réaliser, puis faire entrer dans sa lumière.
Et je recommence à me demander quel pouvait être cet état inconnu, qui n’apportait aucune preuve logique, mais l’évidence, de sa félicité, de sa réalité devant laquelle les autres s’évanouissaient. Je veux essayer de le faire réapparaître. Je rétrograde par la pensée au moment où je pris la première cuillerée de thé. Je retrouve le même état, sans une clarté nouvelle. Je demande à mon esprit un effort de plus, de ramener encore une fois la sensation qui s’enfuit. Et, pour que rien ne brise l’élan dont il va tâcher de la ressaisir, j’écarte tout obstacle, toute idée étrangère, j’abrite mes oreilles et mon attention contre les bruits de la chambre voisine.
Mais sentant mon esprit qui se fatigue sans réussir, je le force au contraire à prendre cette distraction que je lui refusais, à penser à autre chose, à se refaire avant une tentative suprême. Puis une deuxième fois, je fais le vide devant lui, je remets en face de lui la saveur encore récente de cette première gorgée et je sens tressaillir en moi quelque chose qui se déplace, voudrait s’élever, quelque chose qu’on aurait désancré, à une grande profondeur ; je ne sais ce que c’est, mais cela monte lentement ; j’éprouve la résistance et j’entends la rumeur des distances traversées.
Certes, ce qui palpite ainsi au fond de moi, ce doit être l’image, le souvenir visuel, qui, lié à cette saveur, tente de la suivre jusqu’à moi. Mais il se débat trop loin, trop confusément ; à peine si je perçois le reflet neutre où se confond l’insaisissable tourbillon des couleurs remuées ; mais je ne peux distinguer la forme, lui demander, comme au seul interprète possible, de me traduire le témoignage de sa contemporaine, de son inséparable compagne, la saveur, lui demander de m’apprendre de quelle circonstance particulière, de quelle époque du passé il s’agit.
Arrivera-t-il jusqu’à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l’instant ancien que l’attraction d’un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s’il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute oeuvre importante, m’a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d’aujourd’hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine.
Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents ; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot – s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir.

(banc de Madeleines)

Saviez vous que les madeleines furent sans doute inventées pas Madeleine Simonin, cuisinière de Paul Gondi, cardinal de Retz et prélat de Paris pendant la minorité de Louis XIV?

En 1661, alors que le cardinal habitait Commercy, il souhaita modifier la pâte à beignets, au point qu’apparut une nouvelle pâtisserie. C’est la duchesse de Longueville, qui dînait chez le cardinal en qualité de frondeuse, qui baptisa ces douceurs du nom de la cuisinière qui les fit connaître. (…) .
Râpez sur un morceau de sucre le zeste de deux citrons, écrasez ce sucre très fin, mêlez le avec du sucre en poudre; pesez en neuf onces que vous mettez dans une casserole avec huit onces de farine tamisée, quatre faunes et six oeufs entiers, deux cuillerées d’eau-de-vie d’Andaye et un peu de sel (…)

Je pourrais continuer la recette ainsi faite comme indiquée dans le livre que j’ai sur les genoux « La grande histoire de la Pâtisserie-Confiserie Française » de S.G.Sender et Marcel Derrien, aux éditions Minerva. Mais non, car nous nous trouverions fort dépourvu(e)s, non?
J’en ai plusieurs versions (toutes plates, faut pas croire que je ne tiens pas ce que je dis)
Ici, par exemple ou (ah ah ah , les photos, je rigole!)
Du coup, je me permets parfois des variations: changer la nature du sucre, un peu de celui ci ou un peu de celui là…ici, j’ai fait au citron jaune et avec un peu de vergeoise brune et du sucre roux. Et j’ai battu les blancs en neige..et j’ai obtenu 56 belles madeleines, format cuillère à soupe.
On y va?

Pour une cinquantaine de Badeleines.
8 oeufs, 150 g de sucre roux, 50 g de vergeoise brune, 2 càc de zeste de citron (bio, non traité, est il besoin de dire?), 180 de farine, 200 g de beurre demi sel fondu, 4 càc de jus de citron (en fait faut 1 citron!)
Tu fouettes: les jaunes d’oeufs, le sucre, le zeste, jusqu’à blanchissement.
Tu incorpores le beurre, je jus de citron, la farine.
Tu bats les blancs fermes. Tu ajoutes délicatement.
Dans un four préchauffé à 200 degrés tu fais cuire tes madeleines dans un moule (le mien, plaque de silicone noir Demarle, si tu en veux tu dis) pendant 15 mn.
Tip top.
Tu enlèves la main de ta fille de trois ans pour ne pas qu’elle se brûle…

Mais bon, tu ne peux pas lui en vouloir...