Chocolat…(bis)

Voilà. C’est de saison. Il fait froid, tu regardes dehors et tu vois le gel blanchir l’herbe verte, le matin, la fenêtre du toit est couverte d’étranges arabesques figées et étoilées. Il faut se vêtir vite au saut du lit pour ne pas se refroidir de la chaleur de la couette.

Il y a ce gris qui succède au rose, l’impression qu’il va neiger, le froid tu vois, alors que seule une pluie lourde s’écrase sur la terrasse.

Tu as passé toutes tes soirées à faire ou du foie gras pour une amicale laïque (oui, trop bien) (deux soirs, 13kg), ou encore à une réunion de l’Apel, cette année tu t’es inscrite et tu te demandes dans quoi tu t’es engagée, vu que déjà tu es "missionnée" (on ne perd pas le langage professionnel aussi vite qu’on peut le croire) pour fabriquer des caramels au beurre salé ET des chocolats pour récolter l’argent de la classe de neige.

Tiens, j’y mettrai des mini-meringues dans les paquets, ça fera plus gros …

Enfin, pour te remettre de tout ça, avoue, tu as faim de chocolat.

J’en ai déjà fait des chocolats quelque part sur ce blog, me dis-je soudain. Va falloir chercher, ce serait bien de voir si tu dis deux fois la même chose, ou si tu te contentes de mettre un lien. Tu vois? La flemme qui revient nom d’un chien.

Oh, je viens de le trouver, j’ai tapé "chocolat" dans le truc du bandeau à droite où c’est marqué "perdus" et après une page de trucs au chocolat (mais pourquoi j’ai regardé ça!) je suis retombée dans "le supplice du chocolat". L’était bien complet ce billet finalement, je vais le laisser tel que.

Cette année j’ai changé les couleurs de la déco. Le rouge cranberries c’est joli, et le vert pistache, ça va très bien au marron chocolat. D’ailleurs, ce sont les couleurs de chez moi, presque.

J’ai donné des petits sachets aux enfants ce matin, pour les maîtresses. Je ne sais pas si j’ai bien fait, trois enfants ça fait plein de maîtresses (oui, sont deux par classe les maîtresses…).

T’en veux?

TORTA CAPRESE

Et créer une tradition?

Se dire: tiens, j’aime bien être avec eux, et si on se faisait une journée "goûter pour fêter les vacances"?

Histoire d’entrer dans les agapes hivernales en douceur, entre gens choisis, triés sur le volet, ceux qu’on aime…

Toi, tu fais le pain d’épices et moi je fais un gâteau au chocolat, ta maman nous reçoit puisqu’elle habite entre nous et que sa table est grande, comme son coeur.

Alors, comme j’étais encore too late, j’ai saisi le livre d’Alba Pezone et trouvé la Torta Caprese:

Ca m’a pris 10 mn…le temps de faire fondre le chocolat en fait.

Et puis après…

Donc, je n’ai pas fourni la déco, la table en bois et la porcelaine blanche…ni la neige et les boules de neige des enfants émerveillés, la neige en Bretagne c’est pas quotidien…assise entre tous, j’étais bien.

Coulants au Chocolat…slurp!

Depuis plusieurs jours, semaines, il pleut, il vente, il crachine, il bruime…

De rares éclaircies nous font renaître à la vie, mais entre temps, il faut bien dire, on se trouve bien mieux au coin du feu, à tenir entre nos mains tremblantes un bol de thé chaud.

Et on se prend à vouloir attraper un gâteau, un biscuit, un je-ne-sais-quoi qui donne la sensation de chaleur.

Alors, j’ai repris mon livre de Marianne Magnier-Moreno sur la pâtisserie. Les recettes sont toujours fiables, simples, le pas à pas enfantin.

Impérativement, il faut des ramequins, ces gâteaux ne se démoulent pas, ou à tes risques et périls, j’ai perdu un tiers d’entre eux (enfin, perdu, pas montrés va-t-on dire, parce qu’ils ont été mangés…) à avoir tenté de les faire dans mes plaques silicone…

Il te faut:

115g de beurre/ 115g de chocolat/ 115g de sucre/ 4 oeufs/ 50g de farine.

Tu préchauffes ton four à 180°, grille in the middle.

Fais fondre le beurre et le chocolat à feu très doux (doit fondre mais pas cuire) le beurre fond avant le chocolat alors tu mélanges les deux et hop, dès que c’est lisse et brillant, tu réserves.(donc tu sors du feu, hein)

Fouette les oeufs et le sucre, tu fais blanchir.

Tu verses le chocolat au beurre sur les oeufs et tu mélanges, au fouet dit elle, et le moins possible en plus. C’est liquide, je te le dis, n’aies pas peur…

Tu ajoutes ensuite la farine en trois fois, c’est mieux si elle est tamisée.

Tu remplis quatre ramequins (7 cm de diam et 5 cm de haut) quasi jusqu’en haut, quand ça gonfle, c’est juste sur le milieu, ça ne déborde pas.

15 à 18 mn au four…

Bon, j’ai fait ça dans des moules silicone un peu moins profonds donc j’ai cuit le minimum indiqué…

J’ai réussi à démouler presque tous (oui, je fais toujours le double de la recette) sans encombre.

Mais..le milieu, c’est tout chaud, tout coulant, le doigt la petite cuillère est indispensable.

Ouais, non, c’est trop sucré, c’est pas bon, c’est pas délicieux, c’est beurk, faut pas en donner aux enfants surtout…

La Marquise Amoureuse…

Il était une fois, au coeur de l’hiver, une marquise amoureuse qui se languissait devant un feu douillet…
Du réveil au souper, de l’aube au crépuscule, elle rêvait de de Lui, son amour si…absent.
Comment?
Il osait la faire attendre?

Ne voulait point lui déclarer sa flamme?
Ses rares courrier restaient timides, elle avait beau lire entre les lignes, chercher un indice de leur amour passionné, rien, nada, niet, il restait muet…
Alors, n’étant pas du genre à se tourner les pouces et incapable de patienter, elle réfléchit.
Que pouvait elle inventer qui le ferait succomber?
Quel événement pourrait le faire se déplacer?
Elle pris sa plume, son plus beau papier, et rédigea la missive suivante:


Mon très cher Valentin,
Mon oncle, revenu des Indes ce matin,
m’a offert le plus beau des présent,
du choc
olat,
C’est indécent,
N’est ce pas?
Ainsi, j’ai créé dans le plus grand des secrets,
Un gâteau, un seul, pour vous décrisper!

J’aurais le plaisir de vous le faire goûter,
ce beau jour du 14 février..
Vous viendrez?


Le Valentin, bien obligé, vint.
Et que croyez vous qu’il arrivât?
Il craqua.
Tomba.
S’effondra.
(l’embrassa?)
Éperdument amoureux de sa belle, celle qui avec un seul ingrédient, le chocolat, et son savoir faire, l’avait ému au delà des sentiments.
Pour la remercier, il l’invita….
Il se marièrent et eurent beaucoup d’enfants tout chocolats.

 

Et la recette secrète, me direz vous?
Elle est par !

http://www.chocoolat.fr/les-recettes/desserts/mousses-cremes-flans/105-la-marquise-au-chocolat.html

 

Le Supplice du Chocolat…

 

Comment ça, supplice?
Mais si mes zamis, il y en a un.
C’est l’attente.
Pour faire des chocolats, le plus dur, c’est l’attente.

 

Parce que sinon, il n’y en a pas. Le chocolat ne peut pas faire mal. Sauf si on en abuse. Ou si on en mange de mauvaise qualité avec je ne sais quoi dedans.

Alors, pour se faire du bien, faisons les nous même!

Le supplice du chocolat, pour se faire du bien.

Suis sûre, vous avez toutes(tous) entendu le mot "tempérage"… Ca va bien avec le "Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage" (combien de temps ai-je mis avant de comprendre cette phrase, et combien de temps encore avant de l’appliquer?)

Oui.

Et puis tempéré, ça ne veut pas forcément dire ce qu’on y entend! Nous, en Bretagne, c’est tempéré. Mais ça ne me dérangerait pas si l’été c’etait tempéré comme le chocolat!

Faut faire fondre et puis faut attendre que ça refroidisse. C’est l’étape principale, attendre que le chocolat qui fond vers 40ou 60 (je ne sais plus) degrés, redescende à une température comprise entre 32 et 29 degrès.

Compliqué hein? non. Long!

Pour 6 "chablons" (les moules quoi), de 9 "caraques" (les carrés), j’ai eu besoin de 500 g de chocolat.

Il faut juste que ce chocolat contienne suffisamment de matière grasse pour être travaillé soit 30% (comme la crème fraîche liquide pour faire la chantilly, y a pas de secrets!)

Après c’est toi qui choisis! tu peux prendre du chocolat bio équitable (même si le équitable a tendance à se galvauder aussi) ou bien du chocolat à pâtisser…tu peux atteindre 6 euros le kilo, ça te coûtera donc 3 euros sans la déco tes petits carrés de chocolat, franchement faut pas hésiter!

Et puis tu as du matériel ou pas, mais le thermomètre est indispensable! Il existe aussi des feuilles structures, qui te font un chocolat peau de croco ou panier tressé. Puis si t’as rien, tu mets sur une surface bien lisse, tu fais des "mendiants " avec une petite cuillère…

Bon, tu as ton chocolat, tu le coupes en carrés, tu le mets à fondre au bain marie sans que le fond de ton saladier/cul de poule touche l’eau (l’adage c’est "l’eau est l’ennemie du chocolat")

Dès que les carrés du fonds sont fondus, tu éteins ton fonds d’eau et tu mélanges.

Ça tu vas voir, ça va vite.

Et puis après tu saisis ton thermomètre de cuisson, y en a des pas chers, les mien moins de 20 euros, et tu fais descendre tes 1000 degrés à 32.

Pour ce faire, tu aères ton chocolat avec une spatule, en ramenant du centre vers les bords. Mon cul de poule est en inox, mais avec un saladier en plastique qui transmet et garde moins la chaleur ça doit aller plus vite.

Tu trempes de temps à autre ton thermomètre, tu vérifies, tu essuies avec les doigts si tu es une indécrottable gourmande.

Tiens, t’as cinq minutes?

Tu prépares la déco: fruits confits, fruits secs, pralin…j’avais ananas et papaye confits, amandes effilées et entières ainsi que cerneaux de noix.

Les fruits confits sont entiers, tu les coupes en petit, tes carrés sont petits aussi…

Ton chocolat est un peu visqueux, il s’approche de la bonne tempé, alors tu vérifies une dernière fois que ton matériel est propre et SEC. Tu as tout prévu, la louche, le racloir, les moules, la déco..OK. Tu es prêt(e)?

Avec la louche tu verses le chocolat dans les chablons (mince, t’as pas de chablons? ben, un moule silicone à petites empreintes, genre mini tartelettes vas-y, ça marche aussi) tu remplis tout le chablon, tu prends ton racloir d’une main, de l’autre tu retiens ton chablon ou la feuille structure que tu as mise dessous.

Ton racloir est bien droit, debout, tu tires la langue et tu les fait glisser en deux aller retour maxi. Sinon, ton chocolat se prend dans le chocolat qui s’est accumulé sur le racloir et…j’te dis pas.

Tu fais pareil avec les autres chablons en prenant soin de bien essuyer le racloir, tiens là t’en a plein les doigts mais c’est pas grave, tu lécheras après, personne n’en saura rien.

Bon, vite, la déco, hop hop, un fruit confit, un fruit sec, un léger coup de doigt pour qu’il rentre un chouia dans le chocolat pas encore "cristallisé"..

Pfiou, tu as fini, tu voudrais bien…noon, tu touches pas, tu ne mets pas au frais (et la condensation alors, tu sais ce qu’elle fait la condensation sur le chocolat? de l’eau, des gouttes, beurk, c’est pas jojo!)

Oui, c’est long. La Cristallisation.

Il faut attendre DEUX heures avant de démouler!

Mais alors, là, si tu as un tant soit peu le goût de la déco, j’imagine pas les miracles de jolis paquets que tu vas faire pour offrir!