Voila quelques semaines que je passe parfois chez l’ostréiculteur qui m’a ouvert ses portes et celles de son chantier. J’y vais avec des gâteaux, pour les acheter, et ça fonctionne
. Non, c’est pas vrai, enfin si, pour les gâteaux. Mais faut bien leur donner des petites douceurs à cette équipe qui bosse dans le froid et des courants d’air. Tu as beau avoir une vue mer, le nez sur le tapis des huîtres tout juste si tu as le temps de voir le vol de l’aigrette.
Enfin bref, ce matin je passais pour faire valider ma prose par le chef. Le patron. Il était occupé à une visite de sécurité du chaland, alors ça a pris plus de temps que prévu et ni une ni deux, il m’a invitée à rester manger.
"Je vais te faire aimer les huîtres".
Oui, je n’aime pas les huîtres. Vrai. Ecrire sur elles, trouver admirable le travail qui est derrière, la façon de raisonner du patron, son courage aussi, son engagement, c’est facile. Mais les manger…. Brrrr.
Menfin je ne suis quand même pas bornée, j’accepte de goûter (un foie de génisse l’autre jour, oué, cap de tout la fille).
"Ça, c’est une recette que j’ai donnée à plein de monde, mais à moins d’aller à la pêche à pieds et d’en trouver des grosses comme celles-ci, la recette peut coûter assez cher, alors je n’en connais que deux dans le coin qui la font".
La Fondue d’huîtres de Jean-Noël.
L’avantage c’est que j’ai des preuves, des pas à pas de la chose. Une photo à chaque étape.
Au départ j’ai dû faire OOoooOO en voyant la taille de l’huître. Une huître "pied-de-cheval". "On ne les commercialise pas ces huîtres-là, sauf dans le sud ou en Espagne, elles sont trop grosses pour la mode d’ici." Elle doit contenir entre 60 et 100 g de chair.
Alors, il a saisi un couteau lambda, et a ouvert une vingtaine. Vite fait hein. Regarde la bestiole :

Il les a versées avec leur eau dans une casserole et les a pochées. Petits frémissements, surtout pas bouillir.
Ensuite égouttées encore chaudes, et versées sur une assiette de farine, enrobées, retournées, tendrement recouvertes de farine…
Dans une autre assiette, battre un oeuf avec des herbes, du sel, du poivre "d’habitude je mets un peu d’ail"… et que je l’emballe la belle huître.
Et puis, la chapelure. Pour bronzer la chair blanche, pour la protéger du bain qu’elle va prendre.
Depuis le début de la préparation, un bain d’huile chauffe…
Là, y a tout.
Là, c’est cuit, trempé dans l’huile au bout du pique à fondue…

Là, c’est dedans…

J’aime les huîtres… Cuites.
C’est un début, non?



















