Safari à la Noix…

Une fois n’est pas coutume, nous avions de drôles d’invités à table le soir du Réveillon…


Il a fallu qu’un Marmiton réclame dans sa liste un "crocodile avec la gueule ouverte", pour qu’ils se retrouvent chez nous…

Mais nous n’avions pas oublié que Noël est aussi un festival de couleurs, de chaleur, et de lumière…

Le clinquant, le scintillant, le feu de bois qui réchauffe l’âtre et l’âme, nous pouvions nous croire ailleurs…avec cet éléphant à la trompe qui ne trompe personne!

Safari chez soi, ou comment rendre exotique la Noix de Saint Jacques…

Tellement simple, divinement bon, seul le prix nous fait faux
bond pour qu’on ne la réalise pas plus souvent…


30 noix fraîches
20 cl de crème fraîche
20 g de beurre
30 cl de cidre brut
4 échalotes
1 dose de safran Sel et poivre, à votre goût.

Peler et émincer finement les échalotes, les faire fondre à feu doux avec le beurre sans roussir, juste rendre translucide.

Poser les noix dans la poêle, arroser du cidre et laisser frémir à feu doux en retournant à mi-cuisson pendant 7 ou 8 mn.

Les retirer avec une écumoire, faire réduire le cidre de moitié, ajouter le safran et la crème…laisser épaissir…


Remettre les noix dans la sauce quelques secondes pour les réchauffer légèrement, et dresser les assiettes.

J’aime le riz neutre avec ce genre de plat, mais une salade aurait aussi bien pu agrémenter les Noix.

Sans doute, un champagne aurait il aussi contenté nos papilles…

Mais le cidre a fait son usage.

Au dessert, l’incontournable Gatal au Chocolat, immuable, toujours délicieux, on ne s’en lasse pas…et puis de toute façon, il y en avait un autre prévu le lendemain, celui qui est fort de café, pour se remettre les idées en place avec toute la famille du Finistère


Et puis, pour le plaisir, une Mosaïque de Noël sur l’idée de Guilaine, comme celle que j’ai vue chez Annellenor, tellement belle!

"Parle-nous de la façon de Manger et de Boire"

Et il dit:
Puissiez-vous vivre des senteurs de la terre et, comme une plante, subsister de lumière. Mais comme vous devez tuer pour manger, et voler le lait de sa mère au nouveau-né pour étancher votre soif, alors que cela devienne un acte de vénération,
Et que votre table se transforme en un autel sur lequel la pureté et l’innocence de la forêt et de la plaine seront sacrifiées pour ce qu’il y a de plus pur et de plus innocent en l’homme.
Quand vous tuez un animal, dites-lui en votre coeur:
"Par le même pouvoir qui te donne la mort, moi aussi je meurs; et moi aussi je serais absorbé.
Car la loi qui t’as remis entre mes mains me remettra en une main plus puissante.
Ton sang et mon sang ne sont rien d’autre que la sève qui nourrit l’arbre du ciel."

Et lorsque vous croquez une pomme à pleine dents, dites-lui en votre coeur:
"Ton énergie vivra dans mon corps
Et les bourgeons de ton lendemain fleuriront en moi.
Et ton parfum deviendra mon souffle.
Et ensemble nous vivrons l’enchantement de toutes les saisons."
Et à l’automne, quand vous vendangez le raisin de vos vignespour le pressoir, dites en votre coeur:
"Moi aussisuis une vigne et mon grain sera cueilli par le pressoir,
Et comme le vin nouveau je serai versédans les sempiternels flacons."
Et en hiver, quand on soutire le vin, qu’il y ait en vous un chant pour chaque verre;
Et que dans ce chant il y ait une pensée, et pour les jours d’automne, et pour la vigne, et pour le pressoir.

Khalil Gibran. Le Prophète.


C’est Noël. Je vous souhaite bonheur et félicité, et que chacun ait une pensée pour l’autre.
Un autre texte

A l’Heure Anglaise, il est 9.3/4, et William écrit.

J’aime vraiment beaucoup Murielle
Prolixe, gourmande, imaginative…je dis ça, mais je ne connais pas Stanislas et comme les amis de mes amis sont mes amis…

Perdue dans tous ces jeux, biscuits et période de l’Avent, j’ai failli rater le train. Dommage, je me serais mangé le mur!
J’ai fait trèèèès original!

Des biscuits pour accompagner le thé, dis donc!
Mais zattention!
Pas n’importe lesquels….

Les biscuits imprononçables mais bien trop mangeables…snickerdoodles!





Figurez vous que j’ai un livre de recettes exclusivement de biscuits pour le thé
Un ouvrage trouvé en brocante, et ça m’épate toujours autant qu’on puisse vendre ses livres (moi jamais, plutôt passer sous le train!) surtout des trésors comme ça. "à l’heure du thé" de James Mac Nair et Andrew Moore.






Il vous faut

600 g de farine
2 càc de bicarbonate de soude
1 càc de levure
240 g de beurre demi sel pour moi
360 et 30 g de sucre roux
2 oeufs
2 càc d’arôme de vanille
1 càc de cannelle en poudre
et pas de pincée de sel car déjà in the butter…



Préchauffez à 180 en mettant une grille in the middle of the four

Dans une jatte tamisez la farine, la levure le bicarbonate
Dans une autre mélangez le beurre la première partie du sucre et fouettez à vitesse moyenne pour obtenir une mousse légère.

Ajoutez les oeufs et la vanille. Mélangez bien et incorporez petit à petit la farine.

Vous obtiendrez alors une pâte comme pour la pâte à modeler.
Avec les 30 g de sucre et la cannelle, vous les mélangez dans un bol.



Une cuiller à glace, ou à melon pour moi, et en prélevant des petites portions dans la pâte, vous les façonnez en boulettes que vous faîtes comme Kloug, rouler sous ….mais non, in the sugar.

Placez ces boulettes, boules, sur une feuille de papier cuisson, espacées de 3 à 7 cm en fonction de la taille de vos billes.


17 mn de cuisson pour moi.

Ça gonfle, ça craquèle, ça brunit, là, c’est bon signe…et Carla va grossir aussi.

Laisser refroidir, et épuisez la pâte en quelque fournées!

J’ai obtenu plus de 60 de ces biscuits…autant vous dire que je vais en faire profiter d’autres!
Ils sont extrêmement délicieux, la cannelle est présente, le sablé que l’on attend aussi. Un délice.

Avec un thé.
Et puisque je vous tiens, je vais vous causer un peu de William Somerset Maugham, prononcez "môme".


C’est l'"image" de Angleterre à lui tout seul: de l’humour, du recul sur ses congénères surtout ceux perdus dans "les colonies", qui lui
ont permis l’écriture de nouvelles savoureuses.

Je l’ai, enfin, il tourne dans la famille, parce que tout le monde le veut chez soi, dans la collection "bouquin". C’est charmant, caustique suranné, drôle, très drôle. Anglais quoi.

Very Well Indeed, comme dirait John (un Écossais, marié à une Anglaise, je vous embrasse les T.!)

La Femme Epices est l’Avenir du Bonhomme…KKVKVKK 23

Lettre à Annie, hôtesse du dernier KIKI de cette année:

Voila Annie, où j’en suis aujourd’hui.
Pour lutter contre les idées reçues, je te dirais que le bonhomme en pain d’épices n’est plus seul.
Et de toute façon, sans la Femme, il ne serait pas.
"La femme est l’avenir de l’homme", c’est pas de moi.
A l’origine, la déesse mère, déesse Terre, déesse tout court, femme absolue.

Avec ses seins si pointus si pleins qu’on les dirais siliconés, si ce n’est que tous ces artifices ne sont qu’artefacts pour revenir à l’essentiel.

Et puis, la femme bleue, chez moi, elle est verte…pour l’espérance, pour dire que de toute façon les couleurs, c’est pour faire joli, que la Femme, universelle est.

Et enfin, celle qu’on désire. Celle qu’on peint. Qu’on ne touche qu’avec les yeux, parce que c’est sacré. Elle se donne, c’est cadeau, mais elle n’est possédée par personne.

Pour la recette, j’ai suivi la tienne, la gourmande bien sûr. De le pâte à modeler c’est. J’ai juste remplacé le beurre par de l’huile d’olive, elle se faisait souple, pour une femme, c’est normal.

Pour les formes, j’ai pris des guides. Des bonshommes. Mais bon.
Matisse quand même. Et Modigliani.
Pour la statuette, elle n’était pas signée. Un amoureux des femmes sûrement. Mais vieux. Exhumée à Hacilar (?) datée de 6000 ans avant JC. Ça pose, hein?
Bise.

Ps: je te dis pas les étapes, ce fût long. Par exemple, les marmitons chez moi, mangent, tout, y compris les ébauches.

Montalbano, commissaire de mon coeur

Vous qui n’avez jamais lu Andrea Camilleri, écoutez:

(…)"_Voila le hors d’oeuvre.
Montalbano lui fut reconnaissant, encore quelques autres nouvelles et le pétit lui passait. Puis arrivèrent les huit morceaux de merlan, portion clairement destinée à huit personnes. Ils criaient, les morceaux de merlan, leur joie d’avoir été cuisinés comme Dieu le veut. Au nez, le plat faisait sentir sa perfection, obtenue par la juste quantité de chapelure, avec le délicat équilibre entre l’anchois et l’oeuf battu.
Il porta à la bouche la première bouchée, mais ne l’avala pas tout de suite. Il laissa le goût se répandre doucement et uniformément sur la langue et son palais, afin que langue et palais se rendissent pleinement compte de l’offrande qui leur était présentée. Enfin, il avala et devant la table se matérialisa Mimi Augello. (…)
_Fais ce que tu veux mais ne parle pas, je te le dis en frère et dans ton propre intérêt, ne parle pour aucune raison au monde. Si tu m’interromps pendant que je suis en train de manger ce merlan, je suis capable de t’égorger.(…)

Pas de merlan, mais du pamplemousse avec pruneaux pour tirer vers le haut ce filet mignon

Mais ce commissaire, il a un caractère pas facile, me direz vous…ce à quoi je répondrais que ses collègues sont gratinés! sans parler de ses relations avec Livia, femme de tous les paradoxes…et le langage, fleuri, inversé, cru, drôle, de cet habitant de Vigàta qui parle vite, et qu’on suit avec plaisir!

Bref, (re)lisez vite Andrea Camilleri, vous ferez un beau voyage…

2 pamplemousses, une vingtaine de pruneaux, 3 cuillers à soupe de miel, 1 filet mignon (ou plus) 1 h30 au four préchauffé à 210°

Un peu d’été en plein hiver, c’est l'"effet Montalbano"